Phrase du mois

Décembre 2018

« Oui, deux étoiles jumelles sont pour nous déjà un visage qui nous regarde, et dans une exacte réciproque, deux yeux qui nous donnent leur regard, si étrangers qu’ils soient à notre propre vie, ont sur notre âme une influence stellaire. En un instant, ils rompent notre solitude. Voir et regarder échangent ici leur dynamisme : on reçoit et l’on donne. Il n’y a plus de distance. Un infini de communion remplace un infini de grandeur. Le monde des étoiles touche notre âme, c’est un monde du regard. »

Gaston Bachelard. L’Air et les songes. Essai sur l’imagination du mouvement. Première édition José Corti 1943. Réédition 2014 Le Livre de Poche, collection Biblio essais. Chapitre VII : Les Constellations ». p. 238.

Janvier 2019

« [il] avait seulement écrit, en très petits caractères, un mot qu’on pouvait déchiffrer, mais dont on ne savait s’il fallait y lire solitaire ou solidaire. »

Albert Camus, L’Exil et le Royaume, Jonas ou l’artiste au travail, ed. Livre de Poche p. 142.

Février 2019

« Même le plus intellectuel et le plus civilisé des hommes voit le monde et sa propre personne à travers un prisme de formules très naïves, simplificatrices, qui travestissent la réalité. »

Hermann Hesse, Le Loup des steppes, ed. Le Livre de Poche. Parution : 1927.

Avril 2019

[…] ces hommes nouveaux n’étaient sans doute pas absolument mauvais ; il y avait seulement en eux un peu trop de mauvais dans le bon, un peu trop d’erreur dans la vérité, un peu trop de souplesse dans la définition.
Robert Musil, L’Homme sans qualités, 1930, tome I, chap. 16 : Une mystérieuse maladie d’époque, traduction Philippe Jaccottet, ed. Points.